Moro-Sphinx de Julie Esteve

Publié le par __Troubles__

¤ De quoi ça parle ?

Lola est une trentenaire parisienne, comme les autres. Enfin pas tout à fait. Jamais la phrase dite par Charles Denner dans L’homme qui aimait les femmes de François Truffaut n’a été si bien appliquée : les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le monde en tous sens. Lola arpente la ville, amazone, chaque fois que son envie devient plus forte que la raison, l’homme succombe, chasseur devenant proie, même le plus repoussant. À la fin de l’acte, clac, elle lui coupe un ongle. Lola, c’est M la maudite, aux pulsions guerrières. Elle semble sortie d’un manga, bouche rouge et grands yeux. Jusqu’à ce que Lola tombe amoureuse. Mais est-elle vraiment faite pour l’amour ? Et si la passion, c’était la fin du rêve ?

  • Broché: 184 pages
  • Editeur : Stock (20 avril 2016)
  • Collection : La Bleue
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2234080959
  • ISBN-13: 978-2234080959
  • Dimensions du produit: 13,4 x 1,5 x 21,5 cm

 

¤ Biographie de l'auteure :

Julie Estève a 36 ans. Moro-sphinx est son premier roman

 

¤ Ce que j'en ai pensé :

Tout d'abord je tiens à remercier la librairie Dialogues qui m'a fait parvenir ce roman, encore une belle découverte grâce à leur équipe formidable !

J'ai mis pas mal de temps à rédiger ma chronique sur ce roman, non pas que je ne l'ai pas apprécié, mais il m'a fallu le temps de le digérer. Julie Estève, avec ce premier roman, entre de plein pied dans ce que l'édition fait de plus moderne. Elle écrit sur notre monde actuel, avec un langage cru, sans fioritures, elle va droit au but et tant pis si le lecteur peut être choqué ou ne pas apprécier le style en question.

Lola, le personnage central du roman est une femme paumée, qui ne se remet pas de la mort de sa mère et vit toujours dans l'ombre de son premier chagrin d'amour. Elle est belle à sa façon mais se maquille trop, se cache sous des vêtements qui sont ceux des filles de joie, elle consomme les hommes à l'envie, de tous les genres et partout. elle récupère sur chacun d'eux un trophée, un morceau d'ongle coupé après le coït, qu'elle garde précieusement dans un bocal, comme pour remplir ce vide en elle qui prend chaque jour un peu plus de place.

Le personnage devient attachant au fil des pages, lorsqu'elle parle de ses blessures, lorsqu'elle commence à s'ouvrir et lorsqu'elle rencontre un homme en particulier, on pense qu'elle va commencer à guérir, qu'elle progresse.

Moro-sphinx est pour moi une belle allégorie moderne sur le célibat et sur la perte d'êtres chers, on devient ce que l'on est en fonction des circonstances, des accidents de la vie, l'être humain est un terrain toujours en travaux et ne reste pas figé comme un souvenir.

Ce roman a quelque chose de dramatique car il trouve une résonance dans chacun des lecteurs même si c'est à des degrés différents. Qui n'a jamais perdu un être cher, n'a jamais eu de problèmes familiaux ou n'a jamais vécu de chagrin d'amour destructeur ?

Lola est habitée par ses démons, représenté par son serpent avec lequel elle sort, elle lutte pour changer et la question à laquelle le roman fini par répondre est "va-t-elle gagner son combat?"

J'ai passé un moment de lecture très intéressant et j'ai déjà hâte de lire le prochain roman de Julie Estève car ce fut une belle découverte. Les éditions Stock ont eu raison de parier sur elle.

 

¤ Si je devais lui mettre une note : 4,5/5

Moro-Sphinx de Julie Esteve
Moro-Sphinx de Julie Esteve

Commenter cet article

Vanou 08/12/2016 12:13

Ta chronique me fait envie alors même que peu de romans contemporains trouvent grâce à mes yeux !

__Troubles__ 08/12/2016 12:41

Aww Merci beaucoup, c'est le but de mes chroniques de donner envie de découvrir des romans auxquels on ne penserait pas d'emblée et celui-ci est vraiment une bonne surprise !