Le putain d'énorme livre du bonheur qui va tout déchirer d' Anneliese Mackintosh

Publié le par __Troubles__

¤ De quoi ça parle ?

Ottila a décidé d’être heureuse et ça va faire mal.

Ottila a un problème. Enfin, elle en a un paquet. D’abord elle est alcoolique. Son père est mort pendant qu’elle se complaisait dans une éternelle gueule de bois. Sa sœur a été internée. Sa mère est en train de craquer. Et ses amis la tirent vers le bas. Sauf Thalès, le type le plus sain qu’elle ait jamais rencontré. Thalès donne envie à Ottila de devenir meilleure. Alors elle décide de faire un doigt à son «  contexte  » pourri et vole Le Petit Livre du bonheur à la bibliothèque. Puis elle entreprend de le scrapbooker sauvagement  : mails, SMS, transcriptions de séances de thérapie, dessins… tout y passe.. Le résultat  : un roman insolite, contagieux, qui vous fera autant rire (jamais élégamment) que pleurer :).

 

 

  • Poids de l'article : 440 g
  • Broché : 411 pages
  • ISBN-10 : 2811227377
  • ISBN-13 : 978-2811227371
  • Dimensions du produit : 14.2 x 2.8 x 21.3 cm
  • Éditeur : Hauteville (16 mai 2018)
  • Langue : : Français
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¤ A propos de l'auteure :

« Salut, moi c'est Anneliese. Je suis née en Allemagne, mais je vis désormais à Bristol, en Angleterre, avec mon mari, Socrate Adams et nos chats : Cosmo, Nutmeg et Goulash. J'ai aussi vécu à Cornwall, Manchester, Glasgow, Nottingham, Washington DC, Berlin et San Francisco. Parfois les gens hésitent sur la prononciation de mon nom. Ça se prononce Annaliseur . Mais si vous vous trompez, je ne vous en tiendrai pas rigueur. J'aime collectionner les noms. J'aime aussi collectionner les nouveaux tatouages, les routines d'entraînement bizarre et les pulls à motifs kitsch. Mes sujets de prédilection sont : le deuil, la sexualité, le féminisme, la santé mentale, les femmes, la dépression, le bonheur, la vie, les blagues qui commencent par être marrantes et finissent par vous faire pleurer, le cancer, l'espace, les loups, les fesses et les maladies embarassantes. »

 

¤ Ce que j'en ai pensé :

Lorsque j'ai sorti ce roman de mon énorme PAL, j'avais besoin d'un roman positif et feel good, j'avoue qu'au premier abord j'ai été très surprise car à mon sens le titre n'est pas vraiment en adéquation avec les 3/4 du roman. Je ne dis pas que le roman n'est pas positif, mais une grande partie parle de souffrance et de mal être et de la façon dont Ottila va reprendre possession de sa vie.

 

Entre la mort de son père, qui a fait écho à la perte du mien il y a un an déjà, les troubles psychiatriques de sa soeur cadette, son alcoolisme et ses problèmes de couple, on peut dire que le personnage principal n'est vraiment pas dans une période faste de sa vie. Cependant, le roman est positif car il démontre au lecteur que malgré les difficultés, on peut toujours aller de l'avant et changer les choses, avec courage et volonté, et ce même si le parcours est semé d'embuches et la possibilité de rechuter...

 

La construction du roman est vraiment atypique, le récit classique se mélangent à des mails, des sms, des citations et pensées positives, comme une accumulations de documents, le miroir d'une vie compliquée qu'on essaie tant bien que mal d'organiser, et c'est ce qui m'a le plus plut dans cet ouvrage. Il a vraiment un côté moderne et inédit. Les personnages ont un petit quelque chose d'attachant et de de "normal", on s'imagine bien les croiser au coin de la rue, voir travailler avec eux, cela rend l'histoire réelle et tangible.

 

Je ne suis pas sortie indemne de ma lecture, la souffrance d'Ottila suite à la mort de son père est incroyablement intense et cela a fait ressurgir de façon intense des sentiments que je m'étais appliqué à ensevelir sous de la bonhommie. J'ai appris avec cette lecture qu'avoir mal, c'est normal et que cela allait durer très longtemps, tous ces sentiments sont normaux et pour avancer, il faut les laisser s'exprimer.

 

La vie n'est pas toujours rose mais on peut essayer de voir le positif dans peu de chose et c'est ce en quoi ce roman est remarquable, aussi noir soit le contenu, aussi vif est l'espoir qu'on peut entrapercevoir à la fin de notre lecture.

Le temps fait son oeuvre, il ne faut jamais vouloir aller plus vite que la musique...

Si vous cherchez un roman léger, ce n'est pas ce roman qui vous satisfera, mais si vous recherchez un roman profond, avec une réflexion intelligente alors vous pouvez vous lancer dans l'aventure !

 

¤ Si je devais lui mettre une note : 4/5

Plus le plaisir est rare, plus la joie qu'il nous procure est grande.
Epictète

p. 97

Je pense qu'il était impossible pour elle d'imaginer le genre de lien que j'entretenais avec mon père.

p. 108

Mais il existe une autre peine, une "peine sauvage", dont la source jaillissait au fond de moi. Une peine aussi rugissante que mordante. Une peine qui veut se venger de l'humanité. Et ce n'est qu'au cours des derniers mois que j'ai commencé à la laisser s'évacuer, cette peine.

p. 395

Publié dans Chroniques de livres

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